Air France 447 - Faut-il Tirer sur le Copilote ?

DFDR de l'A330 G-GZCP 447 gisant par 4700 m de fond
On aborde une question taboue cette semaine : est-ce que c’est le pilote qui a écrasé l’Air France 447 dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009 ? La question est virgulée de manière incidente dans de nombreux articles de presse et commentaires depuis la sortie du communiqué du BEA. Ce communiqué, mis à part la photo de l’intéressé, laisse plein d’autres indices pointant dans sa direction.
Avant de vouloir s’expliquer un accident, il faut d’abord accepter le fait que les solutions se trouvent dans un espace isotrope. C’est-à-dire un espace dont les propriétés ne dépendent pas de la direction considérée. Si c’est le pilote qui a planté l’Airbus, on ne devrait pas faire de résistance psychologique devant les faits. D’ailleurs, comme on le dit souvent, 70% des accidents sont dus à des erreurs humaines. Un de plus ou un de moins, hein ?
D’ailleurs, remarquez un truc : sur la planète Mars, il n’y pas d’humains, il y a pas d’accidents.
Pensez-bien à la planète mars : ils sont où les 30% d’accidents qui ne seraient pas dus à des humains ?! Ca nous rappelle l’histoire de la masse manquante de l’univers.
En fait, vous pouvez analyser les rapports d’accident sur tout le matériel qui est tombé ces dernières décennies, il y a pas un seul cas où on ne peut pas trouver un ou des humains qui par leur action ou leur inaction n’ont pas provoqué / permis / favorisé l’accident. Il serait plus adapté de parler de 100% de responsabilité humaine dans les cas d’accidents aériens. Le jour où nous viendra du ciel un avion fabriqué par personne, maintenu par personne, piloté par personne et que cet avion finisse dans un fort improbable crash, on pourra alors se laver tous les mains de toute responsabilité.
Pour paraphraser Coluche : c’est forcement un mec qui a écrasé l’Air France 447. C’est peut-être le copilote. Pourquoi pas ? Mais si ce n’est pas lui, c’est forcement un autre mec.
Le copilote a les statistiques et les apparences contre lui. Le moment du crash, alors qu’en France d’autres mecs dormaient, lui il était sur site. Sur la scène du crime en quelque sorte. L’arme du crime, il l’avait entre les mains. Point faible du dossier : il n’a pas de mobile.
Il reste très difficile de fonder toute l’accusation sur le document du BEA. En voici les raisons objectives :
- Ce document est non pertinent : Le BEA réalise une enquête dans le cadre de l’Annexe 13 de la Convention de l’OACI. Cette Convention encadre tous les aspects de l’investigation y compris la communication. Aucun article ne vient définir ou donner un statut quelconque à un communiqué émis pour cause… de fuites. Ce dernier n’a pas vocation à être attaché au rapport final et n’y sera probablement pas. Toutes les informations qu’il contient seront certainement complétées, mais peut-être aussi, remises en perspective sinon remises en cause.
- Les échanges ne sont pas complets : Le commandant de bord arrive dans le cockpit et ne reste certainement pas silencieux. Pourtant, pas un mot de ce qu’il dit n’est indiqué dans le document. Les échanges entre pilotes sont incomplets. Les phrases retranscrites sont juste des « editor’s picks », c'est-à-dire des passagers choisis parmi tout ce qui a pu se dire pendant ces minutes intenses.
- On ne sait pas de quelles vitesses on parle : l’enregistreur de vol n’a pas de source indépendante ou de canal privilégié pour connaitre la vitesse de l’avion. Les valeurs de vitesses sont captées au niveau de l’ADR 1 et 3 [l’ADR2 n’est pas enregistré]. Ce sont ces mêmes équipements qui fournissent les vitesses aux pilotes. Donc si la vitesse indiquée aux pilotes est fausse, celle enregistrée par le DFDR est fausse aussi. Du document émis par le BEA, il n’est pas possible de savoir avec précision quand est-ce que les vitesses sont justes et quand est-ce qu’elles sont fausses. Ce doute sera levé dans le rapport final.
- Rôle de l’Alpha Prot : l’Airbus a une protection de décrochage qui fait partie d’une loi de protection des incidences. A-t-elle pu intervenir à un moment du vol ? Quand la protection se met en place, le comportement du stick dans le sens à cabrer change. Le fait de tirer sur le stick va commander une incidence plus élevée qui n’ira pas au delà d’une valeur maximale dite alpha max. A ce moment, pour l’avion devient moins réactif en tangage et pour la même action sur le stick il va moins se cabrer.
- La chronologie des événements n’est pas rigoureuse : A 2h10min51sec il est dit qu’une quinzaine de secondes plus tard, les vitesses deviennent cohérentes. Donc, à 2h11min06sec les vitesses sont cohérentes. Il est dit, en petit sur la prochaine ligne, que l’incohérence entre les vitesses a duré moins d’une minutes. Disons donc 59 secondes. Ceci veut donc dire que l’incohérence entre les vitesses est apparue au plus tôt à 2h10min07sec. Donc avant 2h10min07sec les vitesses étaient cohérentes. Alors pourquoi à 2h10min05sec le pilote automatique puis l’auto-poussée se désengagent et le PF annonce « j’ai les commandes » ? Le pilote automatique s’était-il désengagé alors que les vitesses étaient cohérentes ?
- Juxtaposition d’événements n’ayant pas nécessairement de rapport de cause à effet : A 2h10min05sec on dit que le pilote donne un ordre à cabrer et immédiatement après que la vitesse baisse vers 60 nœuds. Pour provoquer une telle chute de vitesse, il ne faut pas donner un ordre à cabrer, mais tirer comme un malade sur le stick et encore ! L’A330 n’est pas un avion de chasse. Il faut beaucoup de volonté même de hacking pour faire passer la vitesse à 60 nœuds en donnant un simple ordre à cabrer. On note aussi, que c’est à ce moment que semble commencer l’incohérence des vitesses. Il n’est donc pas approprié d’associer l’ordre à cabrer du pilote et la baisse brutale de la vitesse.
- Notions non quantitatives : le pilote donne un ordre un cabré. Quel est l’amplitude de cet ordre. A-t-il tiré franchement sur le stick ? Un peu ? Un tout petit peu ? En fait, quand les vitesses de décrochage sont testées, ceci se fait avec le centrage le plus en avant possible. Un avion au centrage avant décroche à une vitesse plus élevée qu’un avion au centrage arrière [si vous avez oublié pourquoi, posez la question en commentaire SVP]. Par contre, pour les tests de manœuvrabilité lors du décrochage, le centrage est au maximum arrière. A ce centrage, l’appareil est instable et a facilement tendance à cabrer. Quelles sont les caractéristiques de vol de l’A330 en loi directe et centrage arrière ? (Est-ce qu’il y a là dehors un pilote de ligne qui a été familiarisé avec ces caractéristiques ?)
- Trous importants dans l’emploi du temps : A 2h12min02sec nous sommes environ deux minutes et demie avant l’impact. Vu le taux de chute moyen, l’avion doit voler vers le niveau 250. A ce moment, le pilote fait le geste que la terre entière lui reproche de ne pas avoir fait. Les gaz sont réduits. Le BEA écrit même le mot IDLE (RALENTI) en majuscules pour éviter qu’on le rate. Le PF fait des actions à piquer. L’incidence diminue et les vitesses deviennent valides. Puis pendant 90 secondes, le document ne dit pas ce qui se passe. Pourtant, c’est crucial. Que s’est-il passé pendant ces 90 secondes ? Pourquoi la récupération échoué alors qu’il y avait évidement les bons paramètres et qu’il restait 25000 pieds d’altitude.
- Qui a bougé le PHR ? Entre 2h10min51 et 2h11min51 le plan horizontal réglable passe de 3 à 13 degrés [son maximum est de 14 degrés]. Sachant que les vitesses deviennent cohérentes au milieu de cet intervalle. C'est-à-dire à 2h11min06sec, qui a bougé ce PHR à cabré ? Est-ce le pilote ? Est-ce les automatismes de l’appareil ? Est-ce un scenario d’interaction entre les deux ? Etant donné l’angle de cabré hors normes atteint plus tôt en toute facilité par l’avion, quelle motivation avait le pilote de mettre le PHR à contribution ?
- Utilisation d’une information non disponible aux pilotes : l’incidence n’était pas disponible aux pilotes. Celle-ci est enregistrée et connue par les systèmes de l’appareil mais jamais affichée (Si on veut couper les cheveux en quatre, on peut dire que certaines valeurs d’incidence sont affichées sur le PFD sous forme de vitesses quand l’avion vole aux grands angles. Mais il n’y pas d’indicateur qui donne à chaque instant l’incidence effective de l’aile.). Pour se mettre dans la tête du pilote, on doit faire abstraction de cette information d'incidence. Notamment, en tombant à plat, un avion peut tout à fait avoir une assiette nulle, mais une incidence supérieure à 40 degrés. Dans le cas de cet accident, au moment de l’impact, l’avion avait une vitesse verticale égale à sa vitesse horizontale. S’il avait été à plat, il aurait eu une incidence de l’ordre de 45 degrés.
- Utilisation d’informations de seconde main : A 2h10min16, le PNF dit « alternate law ». Ce que disent les pilotes dans ces situations là ne correspond pas toujours à la réalité. Ce qui est enregistré c’est l’expression de l’opinion des pilotes à ce moment. Le pilote vient de constater que l’avion est passé en alternate law. Cet événement per se a pu se passer à 2h10min16 ou probablement un peu avant. Pour le savoir avec précision, il faut se référer à l’enregistrement DFDR comme le fera le BEA dans le rapport final.
- Qu’a fait le thrustlock ? Dans les 13 cas d’incidents sondes sur A330, il y en a 10 où le système thrustlock est entré en jeu. Qu’en est-il pour l’AF447 ? Ce vol a-t-il été la règle ou l’exception ? Pour info, ce système bloque le régime des réacteurs à la valeur qu’il avait juste avant le problème.
On peut continuer ainsi pendant des pages et des pages. Dire aujourd’hui que c’est le copilote qui a fait planter l’avion, c’est répondre de manière arbitraire à toutes les questions ci-dessus. C’est compléter arbitrairement les vides et arbitrairement figer une chronologie.
Quand le rapport final sera en ligne, on pourra reprendre cette discussion. Si à ce moment il apparait que c’est le pilote qui a perdu le contrôle de l’appareil, ça sera mis en évidence. On pourra alors reparler du copilote, non pas pour l’accabler, mais pour comprendre pourquoi il est encore possible de perdre le contrôle d’un avion de ligne à la pointe de la technologie. Et subsidiairement pourquoi des un nombre important de mecs représentant une masse salariale assez conséquente laissent un avion voler avec une défectuosité grosse comme le Dôme des Invalides. C’est cela même l’esprit de l’Annexe 13 de la Convention de l’OACI.




Lien dynamique Caracas-Paris
j'ai retrouvé ma doc pour le lien dynamique !
A340 Caracas-Paris Charles de Gaulle
A 340 Caracas Paris
Le rapport de l'incident OVERSPEED du vol AF entre Caracas et Paris en 2011..
A lire.
Désolé, je n'ai plus en tête la procédure pour adjoindre le lien automatique !
Peut être qu'un jour, le site permettra de coller directement les liens vers les sources ?
http://www.bea.aero/docspa/2011/f-zu110722/pdf/f-zu110722.pdf
Pour contenir ce calme plat...
Pas inintérressant à lire, dans le COMETEC n°5, concernant la tragédie du AF447 et aussi sur les commandes de vol AIRBUS !
Comme quoi à l'époque de l'A320, faire de la SV n'était pas si simple...
Cometec n°5
A qui profite le crime??
Bonjour,
Faisant suite à ce reportage, au droit de réponse cité par colibri, j'essaie de comprendre les positions des uns et des autres.
Je pense avoir compris les enjeux et les intérêts des parties en cause,
Je m'interroge sur certains pilotes ne font visiblement pas partie d'AF, quels intérêts ont-ils à charger les PNT du 447 ?
Bonne question...
C’est une bonne question dont la réponse je pense ne doit pas relever d’une grande étude psychologique mais simplement du mode de fonctionnement de nos sociétés teintées du sceau de la sociale démocratie, en apparence, mais en fait, beaucoup plus brutale que l’on veut bien le croire.
Le problème qui se pose, de mon point de vue, c’est le fait de laisser en diffusion grand public, un reportage, décalé, imprécis, évidemment à petit budget vu le grossier poste de pilotage présenté etc..
Que personne et surtout pas le CSA ne relève le manque d’objectivité, le manque d’impartialité et que des types ne relevant d’absolument rien en matière d’analyse systémique des accidents aériens se permettent de porter des jugements hâtifs avant toute conclusion du BEA.
Franchement, pour moi, c’est nul, beaucoup moins architecturé que les productions anglo-saxonnes sur les enquêtes grand public des crashs aériens, toujours d’ailleurs après le rapport final.
Pour quelque chose d’un peu violent à la télé, on censure !
Là, rien ? Pourtant, la réalisation indique avoir l’intégralité des voix (VCR) alors que l’association des victimes ne l’a toujours pas, ni même d’autres bureaux d’enquêtes, enfin officiellement ?
On vit toujours une époque de plus en plus formidable…
Droit de réponse....
Pour ceux qui ont pu voir le reportage de FR3, ce droit de réponse pose quelques questions pertinentes. En tout cas, ce point de vue semble assez pertinent et surtout utile vu la nature du reportage, surtout lorsque la réplique vient d'un pilote doté d'une large expérience sur ce genre d'appareil...
DROIT DE RÉPONSE DE GERARD ARNOUX: REPORTAGE AF 447.
MISE AU POINT SUR UNE FALSIFICATION DÉLIBÉRÉE.
Le 14 mars 2012 passait sur FR3 à 23h00 Le reportage intitulé : « Pièces à conviction ». Ce reportage constitue une falsification délibérée de la part de ses auteurs et nous voulons croire que la direction de la chaine a été habilement abusée et manipulée par ce journaliste du Figaro (Fabrice Amedeo) qui voue un ressentiment quasi pathologique à Air France et à ses pilotes, ce qui transparait clairement et régulièrement dans ses articles de presse.
En quoi ce tournage constituerait-il un faux intentionnel ?
Tout simplement parce que lorsque l’on prétend faire profession de journalisme d’investigation, on doit faire preuve d’un minimum de déontologie singulièrement absente en l’espèce. C’est ainsi que tout un chacun conviendra qu’on doit s’interdire entre autres de travestir la vérité et pour ce faire : de supprimer du débat contradictoire organisé par caméra interposée, le principal et plus solide argument de l’un des protagonistes, (en l’occurrence celui qui joue le rôle du procurator). de procéder par caméra cachée à l’encontre d’intervenants qui ont accepté le principe de l’interview dans un cadre bien défini en introduisant des morceaux choisis de conversation à bâtons rompus dont il n’était pas prévu qu’elles soit enregistrées ; ce qui à l’évidence constitue une tromperie.
Démonstration :
Au cours de l’interview qui a eu lieu au mois d’octobre 2011 dans un cabinet d’Avocats Parisien (ce dont il peut être attesté par l’Avocat témoin de l’entretien), l’essentiel du tournage en ces lieux ayant pour intervenant Gerard Arnoux, a porté à titre principal sur « l’unsafe condition » avec la production de nombreux documents officiels des autorités de certification à l’appui, partie essentielle pour la compréhension de l’événement, laquelle a été sciemment censurée par les réalisateurs (parce que vraisemblablement trop compromettante pour le constructeur), pour ne laisser que des arguments secondaires de bien moindre portée juridique, ce qui en outre offre l’avantage de discréditer les compétences techniques de l’intervenant (manipulation habile qui n’abusera néanmoins que le bon peuple à qui était destiné ce reportage).
Afin qu’on puisse juger des raisons d’être de ces méthodes dignes des officines de propagande, nous reproduisons ci-dessous les points essentiels développés par Gerard Arnoux sous le contrôle de son Avocat lors de cette ITW et supprimés par les réalisateurs ; il y était question de :
« L’unsafe condition » autrement dit la situation dangereuse caractérisée par le défaut persistant des sondes Pitot Thales montées à partir de 2001 alors que ce problème de givrage des capteurs était bien identifié par Airbus (dès 1995, ce que Monsieur Eric Schramm, Directeur général des opérations aériennes d’Air France a confirmé à l’antenne, contredisant en cela les propos mensongers de Monsieur Jacques Rosay, chef pilote d’Airbus (très décontracté et condescendant), sur les conséquences possibles de leur givrage) ; par l’EASA (l’agence Européenne de sécurité en 2007 au colloque de Séville qui avait fait la même prédiction tragique prémonitoire) ; par la DGAC (direction générale de l’aviation civile en 2008 alertée en vain par Air Caraïbes).
Seul le BEA pourtant destinataire des nombreux ASR (rapports de sécurité réglementaires des pilotes) semblait l’ignorer alors que son homologue Allemand le BFU avait pourtant fait le constat de l’insuffisance des normes en 1999.
Or, il existe un lien de causalité scientifiquement établi entre le blocage des sondes Pitot qui déclenche la séquence catastrophique et la perte d’AF 447, ce que personne ne conteste, résultant d’un défaut dangereux non corrigé (unsafe condition). Il suffisait d’attendre que les conditions les plus défavorables soient réunies pour que cet accident survienne. Ce fut le cas le premier juin 2009 après 7 longues années de laxisme des acteurs du monde de l’aérien et les peurs heureusement rétrospectives de quelques équipages qui en avaient fait officiellement état.
C’est ainsi que le blocage des capteurs a entraîné, par la perte de toutes les informations anémométriques, par la génération de vitesses trompeuses, par une sévère dégradation des caractéristiques de vol de l’A330 (toujours en cours d’investigation), par une surcharge de travail et un stress tels pour l’équipage, une situation anticipée par le régulateur et qualifiée de dangereuse (hazardous), causant la mort de 228 personnes (la condescendance décontractée pour ne pas dire l’arrogance de monsieur Rosay dans ce reportage est particulièrement déplacée).
Les exigences de certification en vigueur au moment du crash sont résumées dans le tableau page suivante (document légal et réglementaire) AMC21 et CS25 qui a pourtant été bien remis et patiemment commenté par Gerard Arnoux devant son Conseil à l’intention de Monsieur Amedeo. Il ne pourra donc pas le nier.
Qu’y constate-t-on ?
Que contrairement aux propos mensongers de Monsieur Jacques Rosay chef pilote d’Airbus industrie, le risque n’est pas de 2 sur une échelle de 4 mais de 6 sur une échelle de 7 et classé par les autorités aéronautiques depuis l’accident au niveau 7 sur 7 soit le risque maximal (FAA agence Américaine de sécurité). Même l’EASA qui a voulu considérer à l’époque pour se dédouaner de n’avoir pas agi à temps, que le risque n’était que de 5 sur 7, a désormais classé le risque comme « potentiellement catastrophique » (7). On peut constater également les effets possibles sur l’équipage (ie effect on flight crew) que cette situation qualifiée de « hazardous », dangereuse donc, peut entrainer pour ce dernier, soit : « une détresse physique ou une surcharge de travail telles qu’elles empêchent l’équipage de mener à bien ses tâches ou les achever » (physical distress or excessive workload impairs ability to perform tasks). Il n’est donc pas besoin de monter un groupe de psychologues et d’experts en facteurs humains que préconise l’enquêteur Bouillard du BEA, pour comprendre le comportement équipage que le régulateur avait anticipé depuis longtemps (équipage par ailleurs gravement caricaturé par la grotesque simulation hollywoodienne qui est faite de ces soit disant 4 dernières minutes).
D’autres facteurs contributifs tels que : des procédures inappropriées, des check list inadaptées, une maintenance laxiste (entretien et nettoyage des Pitot tous les 4000h et remplacement des tubes bouchés sur panne), une ergonomie à tout le moins discutable (side stick non conjugués, absence d’indicateur d’incidence, comportement aberrant du PHR qui aide le pilote à sortir du domaine de vol), des alarmes incohérentes (alarme décrochage stall) qui ont ajouté de la confusion à l’incompréhension de la situation par l’équipage, voire un éventuel bug de certains calculateurs de commandes de vol démontré en juin 2010 par l’expert de la partie civile Allemande devant les représentants de l’EASA sur simulateur modifié (avec les véritables calculateurs de l’avion), ont à l’évidence participé à la perte de contrôle de l’appareil qui est sorti de son domaine de vol.
Ce que cette interview censurée disait en substance c’est que des défauts graves de conception (défaut du produit), scientifiquement établis, contraires aux exigences de certification et dont le lien de causalité n’est pas contestable pendant toute la durée de l’événement, ont entraîné une situation potentiellement dangereuse parfaitement caractérisée.
Des négligences graves et une faillite généralisée du retour d’expérience au niveau de tous les acteurs du transport aérien (constructeur, tutelle, exploitants), bien informés mais qui n’ont pas accompli les diligences qui s’imposaient, ont permis à cet accident d’arriver.
Le remplacement dès 2002 des sondes Thales par la sonde américaine Goodrich (constatée près de 10 fois plus fiable que la sonde Thales par le rapport n°2 du BEA) et qui avait fait la preuve de sa meilleure efficacité et robustesse vis à vis du givrage depuis 1999 aurait permis d’éviter le crash.
Nous en voulons pour preuve que Monsieur Eric Schramm DGOA AF ait attesté à l’antenne que depuis le remplacement des sondes Thales par des sondes Goodrich, plus aucun incident n’est arrivé depuis 2 ans et demi sur la flotte Air France soit plus de 170 appareils (A318/319/320/321/330/340) qui volent tous les jours et non pas 30 comme prétendu abusivement par les réalisateurs.
Au delà d’astuces et d’artifices peu recommandables comme un certain nombre de séquences prises à l’insu de leur auteurs et revendiquées comme telles par les journalistes et il en est notamment : de la première phrase bien évidemment sortie de son contexte qui est prononcée par Gerard Arnoux sur le mini manche des Airbus alors que ce dernier s’est toujours gardé lors de ses très nombreuses interventions publiques, interview radio ou télévisuelles facilement consultables sur le Net, tout excès de langage et toute critique non argumentée sur cet appareil quand bien même tous les pilotes d’Airbus savent bien qu’il s’agit à ce niveau d’une grave erreur d’ergonomie (non conjugaison des manches qui a certainement joué un rôle aggravant lors de ces 4 minutes fatidiques).
Cette présentation visant à l’évidence à le faire passer pour un individu « sans mesure ». De la présentation idyllique de l’escale de Copacabana comme si les équipages partis pour 2 longues nuits en vol de 12h n’avaient pas le droit de se reposer et se détendre 36h dans de bonnes conditions (manifestement un privilège pour Mr.Amedeo).
Mais il y a des choses plus graves : Les acteurs ont l’air d’idiots hébétés (le copi de gauche aux yeux chafouins et inquiets, celui de droite un gogol figé et tétanisé et le commandant d’une passivité que certains faits et enregistrements supprimés contredisent (tentative volontaire d’activation du FPV par exemple pour avoir une idée de la pente) et dans lesquels aucun pilote de ligne ne reconnaîtra les collègues qu’ils ont l’habitude de côtoyer dans les cockpits en particulier ceux nombreux qui les connaissaient personnellement.
Alors que bien des faits troublants à leur décharge sont évacués par les deux journalistes : Occulté tout l’environnement du cockpit : le crépitement de cristaux de glace sur les pare brise, les turbulences, les inclinaisons de 40°, le bruit aérodynamique…
Occulté encore le fait que des essais effectués par les experts Allemands en 2010 ont montré qu’un givrage simultané des 2 capteurs principaux pendant 5 secondes entraînait systématiquement un pitch up (une assiette à cabrer) non commandée de 15°.
Occulté toujours le fait que selon le flight safety magazine d’Airbus, le pilotage de l’avion est malaisé en ALTN LAW à moins de 4000 pieds sous le REC MAX ce qui donne au moment de la perte de contrôle 33 000 pieds et non pas 35 000 pieds, leur altitude de croisière cette nuit là.
Il est encore affirmé à l’envie que le pilote de droite n’a de cesse que de tirer sur son manche (comme un âne nous assurera Amedeo qui n’est même pas pilote privé) alors que le BEA indique dans son rapport n°3 que pendant 15 longues secondes le pilote aux commandes maintient le manche à piquer (fait confirmé par les experts judiciaires) , ce qui aurait du conformément à la démonstration simpliste du « top gun de voltige aux Ray ban » entraîner une prise d’assiette négative et prévenir le décrochage alors qu’elle est restée positive et toujours supérieure à 5°, quand la gouverne de profondeur n’est jamais passée à piquer.
D’ailleurs saurons-nous vraiment quelles ont été les actions des pilotes quand nous avons désormais la certitude que ce ne sont pas les mouvements des manches qui sont enregistrés à partir des capteurs de position mais les ordres manches après filtrage informatique par les calculateurs de commandes de vol ?!
Occultée la conviction des experts judiciaires sur le fait que le premier ordre à cabrer du manche du pilote était motivé par le souci de regagner les 400 pieds d’altitude apparemment perdus alors qu’il s’agissait de fausses indications instrumentales générées par la panne de 3 ADR.
Occulté enfin le fait que les instruments de droite ne sont pas enregistrés et que contrairement à la pseudo reconstitution, personne ne peut savoir ce que le pilote aux commandes avait sous les yeux et que c’est toute la planche de bord complète qui est sujette à caution (consulter annexe technique en fin de document).
Deux intervenants à charge pour l’équipage, l’ex commandant Hervé Labarthe (dont la partie d’interview la plus abjecte contre son ex collègue, élaborée à partir de la fouille des poubelles par Amedeo sur la vie privée des membres d’équipage dans le plus pur style des tabloïds britanniques a heureusement été supprimée) a été viré d’Air France (sous de mauvais prétextes mais pour de bonnes raisons) ; quant au personnage flouté organisateur du vol touristique en hélicoptère à Rio, c’est un escroc qui a floué le CE d’Air France pendant des années.
De la présentation partiale enfin de la qualité des intervenants : c’est ainsi que Gerard Arnoux y est présenté comme « un pilote d’Air France » en passant sous silence son passé d’Ex Président de syndicat, désigné successivement auprès de la Juge d’Instruction comme représentant de syndicats de pilotes, parties civiles dans cette affaire (SPAF/UFPL-CFTC/ALTER), ayant à ce titre versé à l’Instruction près de 600 pages de documents à charge, après l’avoir été lors du procès de Colmar pour St Odile, membre des commissions techniques des parties civiles de nombreux accidents aériens avant celui d’AF 447 (Phüket; Sao Paulo ; West Caribean-Martinique, St Barth) et enfin porte parole en France des familles de victimes Brésiliennes.
Toute cette mise en scène, interviews à charge volontairement tronquées, montages et trucages indique clairement que ce reportage tout comme le pamphlet d’Otelli, le top gun d’opérette d’avion léger de voltige par tempête de ciel bleu aux commandes à câble (non qualifié pour se prononcer sur le comportement d’un aéronef de 200t hautement informatisé au cerveau électronique ayant subi de nuit un AVC par privation d’éléments vitaux pour son fonctionnement), a été directement inspiré dans les environs de « la ville rose » tant sa complaisance vis à vis du constructeur est flagrante.
Ce reportage est un document diffamatoire vis à vis de nos collègues disparus, diffamatoire vis à vis de leur famille et diffamatoire vis à vis de tous les pilotes d’Air France, une insulte à leur professionnalisme. (On aimerait à cet égard entendre davantage la voix du grand syndicat national, le SNPL).
Car lorsque Airbus et l'EASA ont décidé d'éliminer en urgence la sonde Pitot Thalès AA défectueuse, ils ont utilisé une consigne de navigabilité et ce type de document, selon sa définition officielle, impose les actions à effectuer sur un avion pour le remettre à un niveau de sécurité acceptable après avoir déterminé qu'une condition compromettant la sécurité (unsafe condition) existait sur cet avion.
L'A330 n'avait pas un niveau de sécurité acceptable lors de l'accident. C'est ce que ceux qui se cachent lâchement derrière les cadavres de nos camarades pilotes veulent occulter. Mais comme le claironnait Pierre Baud précédent chef pilote d’Airbus industrie : un Airbus ça ne décroche pas, alors ce n’est pas la peine de s’entraîner à la récupération du décrochage….dont Jacques Rosay lui-même confesse dans le reportage qu’il ne sait pas si c’est possible…ce qui devrait à tout le moins interpeller les autorités de certification parce que le « deterent buffeting » ne semble pas avoir été suffisamment « déterrent » et l’ALTN LAW pas franchement optimale en l’occurrence (?).
Bref cet aéronef indécrochable peut donc décrocher mais on n’a toujours pas le mode d’emploi pour s’en sortir (éventuellement) quand on ne dispose pas, par volonté du constructeur, de l’accès à la DCT LAW! Les parties civiles doivent comprendre si elles en doutaient encore, que c’est la preuve la plus manifeste que la démonstration technique et juridique que nous avons faite de « l’unsafe condition » est bien le « fil rouge » qui inquiète les irresponsables, responsables de ce crash.
Amedeo, coaché par ses commanditaires, aura finalement fait, à son corps défendant, oeuvre utile en mettant en évidence ce qui dérange. Le journalisme français n’en sortira pas grandi pour autant car comme le disait Albert Camus dans son manifeste inédit : « un journaliste indépendant sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge ».
Moi je souhaite servir la vérité qui dérange et tenter de m’inscrire dans les pas D’Irène Frachon qui a révélé le scandale du mediator.
Gerard Arnoux
Commandant de bord Airbus depuis 13 ans
(Pilote Airbus depuis 17 ans)
ANNEXE TECHNIQUE : Extrait de l’analyse d’un expert non associé à l’enquête :
« J'estime que personne de sérieux - à part peut-être dans le bureau d'études d'EADS - ne peut affirmer quelles étaient les informations disponibles sur les écrans
des pilotes..
En effet : Toutes les informations en provenance des différents "capteurs" (et les informations des tubes PITOT ou des palettes d'incidence en font partie bien entendu!) sont envoyées à l'entrée d'un gros calculateur appelé DMC (Display Management Computer), chargé, entre autres fonctions, de comparer, digérer ces informations, de les valider ou non, et en finale de "construire" tous les instruments de pilotage sur les écrans des pilotes.
Aussitôt entrées dans le DMC - et très probablement avant tout traitement de comparaison ou de validation - beaucoup de ces informations sont envoyées directement vers un calculateur d'acquisition spécialisé puis vers l'enregistreur de paramètres FDR.
Certains "experts" - partent du principe que toutes les informations disponibles sur l'enregistreur FDR étaient également "disponibles" avec ces mêmes valeurs sur les écrans des pilotes. Non seulement je n'en suis pas certain mais, au contraire, j'ai un très gros doute sur ce point : le principe de ces computers (DMC et autres) étant -après de nombreux tests de comparaisons, de pertinence et de validation – de rejeter comme "invalid" et de ne pas "transmettre" ou traiter des informations non validées.
Ceci fait que l'on ne peut nullement conclure - actuellement - sur la réalité et sur la pertinence des infos effectivement disponibles sur les écrans des pilotes. Idem pour les infos transitant via le calculateur centralisé de maintenance, objet des émissions ACARS et qui n'ont rien à voir avec le DMC et donc avec les données envoyées sur les instruments pilotes.
Les appréciations des uns et des autres sur ce que les pilotes avaient "réellement" devant les yeux sur leurs instruments et donc sur les actions des pilotes sont donc à considérer avec beaucoup de précautions... pour ne pas dire réserve!
PS : Ceci associé à quelques doutes que nos experts ingénieurs bénévoles ont sur le comportement des ailerons (curieuse dissymétrie de braquage liée au message ACARS WRG, suite reconfiguration des calculateurs), sur l’encéphalogramme plat de l’ADIRU n°1 en relation avec les valeurs d’incidence (IRS 1 ne décolle pas avant 02h10mn52 alors que les IRS 1 et 2 évoluent de concert avec cependant des écarts) ; on notera qu’à 02h10mn15 les IRS 1 et 2 sont à 6° et l’IR1 ne bouge pas alors que à 02h10mn52 pour les mêmes valeurs d’IRS, l’IR1 a déjà décollé… ; les courbes IRS 2 et 3 présentent parfois des écarts importants (0,8° à 02h10mn17 et l’IR1 avec les 2 autres jusqu’à 6°) ce qui fait que l’EFS se soit trouvé par intermittence en situation de rejet des 3 ADR et de 2 IR et peut-être un « petit pitch up » façon Quantas (down)…
Voilà qui expliquerait peut-être l’état de sidération apparente de nos malheureux collègues certainement confrontés à un problème infiniment plus complexe que ce reportage débile ne veut indiquer et pour lequel nous allons faire collectivement au titre de parties civiles, des demandes d’acte auprès des Juges d’Instruction en charge de cette affaire.
G.A.
Déclaration à utiliser dans le contexte d'aujourd'hui.
Voici les paroles d'un Commandant de l'Aeroflot après la dissolution de l'Union Soviétique
Elle est en Anglais mais très facile à comprendre :
"Russian pilots are highly skilled professionals. A real Russian pilot doesn't rely on automated systems. He uses his intuition ans his own hands to fly a plane. Russian aviation is being pulled so many ways we don't like it. We now have around 400 airlines witch means safety standarts have fallen dramatically. Russian pilots will always considered to be the best. We know that flight safety was of prime importance. We were unconcerned with finance. But now we are told us that business is all that count. Commercial profit come first now and safety is a poor second.
We hate that."
Extrait de l'excellent documentaire Anglais traitant de l'Aeroflot post-Soviétique : "Airplaneski"
Une quinzaine d'accidents depuis les années 1960
Air France a connu une quinzaine d'accidents depuis les années 1960. Rappel des principaux.
- 6 mars 1962: un Boeing 707 d'Air France rate son décollage d'Orly et explose à Villeneuve-le-Roi (Essonne), faisant 130 morts.
- 11 septembre 1968: une Caravelle d'Air France reliant Ajaccio à Nice s'abîme en mer au large d'Antibes, tuant ses 95 occupants.
- 4 décembre 1969 : le vol 212 Air France s'abîme en mer peu après son décollage de Caracas (Venezuela) pour Pointe-à-Pitre. Les 62 occupants du Boeing 707 périssent dans l'accident.
- 27 octobre 1972: un Vickers Viscount d'Air Inter, reliant Lyon à Clermont-Ferrand, s'écrase sur le pic Picot, à Noirétable (Loire). L'accident fait 60 morts.
- 26 juin 1988: un A 320 d'Air France qui effectuait un vol de démonstration se crashe à proximité de l'aérodrome d'Habsheim (Alsace) faisant trois morts.
- 20 janvier 1992: le vol Paris-Strasbourg d'Air Inter s'écrase sur un flanc de montagne à proximité du mont Sainte-Odile. 87 passagers sont tués.
- 13 sept 1993: un Boeing 747 400 d'Air France manque son atterrissage à Papeete et finit dans le lagon. Trois blessés.
- 25 juillet 2000: le Concorde 4590 d'Air France à destination de New York s'écrase sur un hôtel à Gonesse une minute et vingt-huit secondes après son décollage. 100 passagers, 9 membres d'équipage et 4 personnes au sol qui se trouvaient dans l'hôtel sont tués.
- 2 août 2005: un A340 d'Air France, en provenance de Paris, atterrit en catastrophe sur une piste de l'aéroport de Toronto, au Canada, termine sa course dans un fossé et prend feu. Ses 297 passagers ont miraculeusement pu être évacués sains et saufs.
- 30 janvier 2007 : accident d'un Fokker 100 de Régional (groupe Air France) qui effectuait le vol AF7775 entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Roissy-Charles-de-Gaulle provoquant la mort d'un conducteur de camion heurté par l'avion sur la route adjacente à l'aérodrome de Pau-Pyrénées.
- 27 novembre 2007 : un des deux moteurs du Boeing 777-300 d'Air France relaint Pékin à Paris lache. Atterrissage d'urgence à Saint Pétersbourg et grosse frayeur pour les 300 passagers.
- 1er juin 2009 : un Airbus d'Air France en provenance de Rio et à destination de Paris disparaît des écrans radar. Il transportait 216 passagers et 12 membres d'équipage.
Accidents chez AF
Bonjour Richard,
Il manque dans ta liste l'accident du CRJ100 à Brest.
Justement, concernant cet accident à Brest, aucun problème d'avion, uniquement des problèmes de pilotage...
Concernant l'accident à Pau, il n'y a pas beaucoup de détails.
Est-ce que le BEA travaille que quand il y a des morts ?
Si oui, c'est bien dommage.
Je pense qu'une mise en obeservation d'Air France par les autorités serait plutôt bénéfique.
Air France
Merci à Amine pour ce site. Et merci à quelques contributeurs qui grâce à leurs compétences et leur documentation, permettent de se faire une idée même approximative de ce qui s'est passé lors du crash du vol AF 447.
Mon commentaire est très simple.
Air France comptabilise 3 accidents MAJEURS en moins de 10 ans.
J'encourage toutes les personnes intervenant dans ce dossier : BEA / Air France / Airbus / Pilotes et aujourd'hui la Justice, de bien prendre en considération ce fait qui ne doit rien au hasard.
Quelque chose me dit cependant de plus croire un Pilote qui risque sa vie qu'un ingénieur assis le cul sur sa chaise.
Il n'y a donc aucune raison que n'importe quel lobby de quelque nature que ce soit, puisse interférer dans la manifestation de la vérité.
Par les temps qui courent, il est malheureusement permis d'en douter.
Et ce doute vaut beaucoup plus que les défaillances des sondes Pitot.
Accidents majeurs chez Air France
Quelqu'un peut-il rappeler quels sont les 2 autres accidents majeurs d'Air France arrivés ces 10 dernières années ?
Par avance, merci.
Les derniers d'AF
Lien ici
Avion chute chez ANA
La chute d'All Nipon Airways reconstituée en vidéo
AWY - espaces contrôlé - espace non contrôlé
AWY = Voie aérienne de l’espace inférieur. Elle garantit à celui qui l’emprunte de bénéficier du service de contrôle, si c’est bien sûr un vol contrôlé.
La largeur du couloir aérien (en général de 10 Nm) dépend d'arrêtés locaux et de la réglementation du pays survolé. Toutefois, de nouvelles routes ont été ouvertes sur le territoire national entre Toulouse et le nord de la France et la largeur du couloir est de 9,3 Km à certains endroits, soit 2,5 Nm de part et d’autre.
Citons aussi, qu’avant la réunification de l'Allemagne, il existait une route entre Düsseldorf et Berlin qui empruntait le fameux "Couloir de Berlin". L'altitude et la largeur étaient étroitement surveillées par le contrôle militaire de la RDA et la largeur était assez réduite (quelques centaines de mètres.)
Il n'était pas rare par fort vent de travers qu'avec la dérive due au vent, l'aéronef sorte un peu du couloir et soit immédiatement rappelé à l’ordre par le contrôle militaire.
Ces fameux 10 Nm, étaient aussi (et le sont encore) prévus pour combler les imprécisions des moyens de navigation (radio balises de type NDB ou VOR)
Or, bien que les AWY restent d’actualité pour les aéronefs navigants avec les radio-balises au sol, le 24 janvier 2002, quarante-et-un états Européens, dont la France, ont mis en service en espace supérieur, la RVSM ("Reduced Vertical Separation Minimum", ou séparation verticale minimum réduite).
Il s'agit de réduire en espace supérieur de 600 mètres (2000 pieds) à 300 mètres (1000 pieds) la séparation verticale entre les avions qui volent au-dessus de 8500 mètres (FL 280) et jusqu'au FL 410 inclus.
Pour réaliser cette opération, les systèmes de traitement radar (calculateurs du STR) et de traitement des plans de vol (calculateurs du STPV) des CRNA ont dû être mis aux normes RVSM.
Tout appareil qui prétend pénétrer dans le "volume RVSM" européen doit être dûment équipé et son équipage dûment qualifié. Les normes d'équipement prévoient notamment des équipements d'altimétrie de dernière génération avec alarme pour une perte de 200 ft , ainsi que d’un système anticollision embarqué.
Donc sur les continents, les aéronefs équipés RVSM, passent à la verticale des balises, mais non à l’aide de leur fréquence, mais par calcul de route GPS des calculateurs de bord.
Par contre en traversée transatlantique, il n’existe pas de radio-balises. La navigation s’effectue par point successifs et la couverture radar est absente.
C’est pour cela que dans les rapports d’étape du BEA, on peut lire :
« A 1 h 34 min 38, l’équipage informe le contrôleur d’ATLANTICO qu’il a passé le point INTOL puis il annonce les estimées suivantes : SALPU à 1 h 48 puis ORARO à 2 h 00. Il transmet également son code SELCAL et un essai est effectué, avec succès.
A 1 h 35 min 08, le contrôleur lui demande de maintenir le FL350 et de lui donner son estimée du point TASIL.
Entre 1 h 35 mn 53 et 1 h 36 mn 14, le contrôleur redemande par trois fois l’estimée TASIL sans réponse de l’équipage. Il n’y aura plus de contact entre l’équipage et les organismes de contrôle. »
Donc, le contrôle au point de vue position s’effectue par rapport à des estimations de passage, puis des confirmations de passage.
Si un avion doit dévier volontairement de sa route, il en informe les autres par le principe de l’auto information.
Concernant les liaisons radio entre le contrôleur et l’avion, voir les explications concernant le code SELCAL et son utilisation
http://fr.wikipedia.org/wiki/SELCAL
Concernant les trajectoires des avions dans le secteur le soir de l’accident, tous ont respecté leur plan de vol, mais beaucoup n’étaient pas sur leur route. Voir les trajectoires des différents avions.
http://www.bea.aero/fr/enquetes/vol.af.447/trajectoires/trajectoires010609.html
Evitement de sécurité...
C'est-à-dire que les pilotes, lorsqu’ils sont confrontés à un phénomène dangereux ou la sécurité du vol sera mise en jeu, et lorsqu’il n’y a plus moyen de contacter les services du contrôle, ils ne vont pas y foncer bêtement, c'est évident.
C’est le cas dans les zones, peu ou mal, desservies par la couverture de communication radio, VHF ou HF pour les grandes distances.
il est évident, que dans ce cas précis, l’équipage modifie sa trajectoire en sorte d’éviter le phénomène et en avise ses collègues sur les routes adjacentes.
La solution première étant de quitter l’airways latéralement, c'est-à-dire de garder son niveau si cela est possible pour ne pas obérer ceux qui sont sur la même route mais à des niveaux différents.
Bien sûr, si cela n’est pas possible, le niveau est abandonné et un message mayday est envoyé me semble-t-il, pour les autres.
Ensuite il est toujours possible de passer l’information en VHF aux aéronefs en vol dans le même secteur, pas de souci de ce côté.
Cela aurait pu être le cas du 447, n’étant pas encore en contact radio avec le prochain centre de contrôle (Dakar) il peut facilement communiquer son option de route à ses collègues.
Protection Overspeed
Moi je pense que cela ne relance rien du tout, car, si on se réfère au dernier rapport d’étape comme on me le préconise souvent, il apparait que:
la turbulence n’était pas exagérée.
Il n’y a pas eu d'alarme overspeed
S’il n’y a pas de signalisation de cette alarme, il est fort probable qu’elle ne s’active pas.
Cette protection semble se dérouler comme elle est écrite, c'est-à-dire une action à cabrer pour casser la vitesse horizontale et un recueil plus haut par la protection d’angle d’attaque.
C’est ce qui s’est donc déroulé a priori, les ordres seront bien visibles sur les paramètres, ce sera de toutes les façons, je pense assez facile à déterminer.
Ce n'est pas, le fait qu’elle se déclenche qui semble étonnant, mais plus son architecture.
En effet, cabrer dans de la turbulence sévère n’est pas le plus judicieux, car cela peut augmenter le risque de voir un décrochage dynamique d’une plume sur rafale.
On peut comprendre qu’il serait mieux de sortir avec précaution un peu d’aérofrein, ce qu’il semble préconisé par les pilotes, par ailleurs.
Il y a juste que la récession de vitesse semble très importante, çà c’est peut-être à revoir…
procedure IAS douteuse
bonjour à tous,
étant novice en pilotage, je m'interroge simplement sur la procedure a mettre en application sur Airbus lors de la perte ou d'un doute sur l'indication de vitesse qui est décrite dans le rapport du BEA (procedure IAS douteuse).
pourquoi demande t'on de cabrer l'avion sachant que cette manoeuvre va modifier la vitesse initiale? du coup le paramètre vitesse devient une "variabe" qu'il est d'autant plus difficile d'estimer que l'on a plus d'indicateur !
d'autre part, il me parait pas completement exclu que le pilote ait effectué ce que Reason appelle une erreur basée sur les règles : application de la mauvaise règle à un cas particulier. En clair, il cabre à plus de 10° comme appris à basse alititude lors de sa formation (en dessous du niveau 100, la procedure précise un angle de 10°), alors qu'ici on est au niveau 350 et que c'est 5° d'assiette qu'il faut appliquer (selon cette fameuse procedure IAS douteuse). D'ailleurs, il y a dans cette procedure pas moins de 4 possibiltés d'angle d'incidence, qui sont fonction du niveau de vol, de la reduction de la poussée, du fait de voler sur un A340 ou sur un A330....(de belles erreurs latentes selon ce même Reason !)
Si un pilote pouvait m'expliquer la raison pour laquelle on cabre l'avion en cas de perte d'indication de vitesse...pourquoi est ce que l'on attend pas simplement le retour à la normale sans rien modifier à la trajectoire de l'avion?
peut etre que la procedure IAS douteuse contient intrinsèquement ce piège mortel qui a conduit l'AF 447 dans le décrochage?
merci d'avance pour vos avis.
Incident simillaire sur un vol Air France!!!
Bonjour à tous!
Je pense en effet que l'on ne nous dit pas tout sur cette affaire. Selon moi, je pense qu'il y a premièrement une lacune dans la formation des Pilotes au sein d'Air France (Pilotage manuel-à haute altitude).
Je pense aussi, qu'Airbus devrait se pencher sur les raisons du crash du vol AF 447 ainsi que de cet incident! Un pilote, cité dans "lefigaro" l'a bien dit: "il n'est pas normal qu'en croisière, le PA se désengage et l'avion se mette à cabrer tout seul!"
J'ignore si ce vol Paris-Caracas se déroulait de nuit, ce dont je doute fort, car s'il s'agissait d'un vol de nuit, les conséquences auraient été plus grave! De plus, le message annoncé du poste de pilotage, demandant aux personnels navigants et aux passagers de rester assis, ceinture attaché, démontre tout aussi bien que ce genre d'évènement se déroule très vite et prend de surprise les Pilotes eux même!
Pourquoi se problème ne survient pas sur les Boeing, Embraer, Bombardier et autres constructeurs ?? Airbus nous cache quelque chose je pense!
Merci,
ERIC
Incident simillaire sur un vol Air France!!!
Bonjour Amine, Bonjour à tous,
Air France a subi en début d'été un incident sur un vol Paris - Caracas qui, selon ses pilotes, relance le débat sur l'AF 447 et sur les responsabilités du drame. Le début du scénario est en effet comparable en tous points à celui de l'AF 447, le vol Paris - Rio qui s'est écrasé le 1er juin 2009 dans l'Atlantique sud avec 228 personnes à son bord. Cette fois-ci, il n'y a pas eu de victime, seulement deux blessés légers parmi le personnel navigant commercial. Selon le rapport d'incident, dont Le Figaro s'est procuré une copie (document pdf), l'Airbus A 340 d'Air France volait à son niveau de croisière de 35.000 pieds, comme l'AF 447 avant l'accident, et a traversé une «zone de turbulences sévères». L'avion a subi «un fort gradient de vent», c'est-à-dire une forte variation, et s'est retrouvé en survitesse. Le phénomène a déclenché l'alarme «overspeed».
À 3 nœuds du décrochage
C'est alors que le pilote automatique s'est déconnecté, comme sur l'AF 447, et que l'avion a pris une altitude inconsidérée de manière brutale -il monte au niveau 380 - et perd sa vitesse: il se retrouve à 205 nœuds (369 km/h). «L'AF 447 a décroché à 202 nœuds, explique un pilote d'Air France. Notre appareil était donc à 3 nœuds (5,4 km/h) du décrochage.» Et donc probablement de la catastrophe.
Cette fois-ci, l'avion ne franchira pas le seuil du décrochage et restera dans son domaine de vol, bien qu'il ait évolué 71 nœuds (127 km/h) sous la vitesse minimale d'évolution recommandée. «La diminution de l'intensité des turbulences s'accompagne d'une réduction de l'assiette de l'avion, puis d'un retour à des paramètres de vols normaux.» Toujours selon le rapport d'Air France à ses pilotes, «la rapidité de transmission de l'annonce “ici le poste de pilotage, PNC assis attachés, turbulences fortes”, a contribué à limiter les domages corporels en cabine.»
Cet incident fait d'ores et déjà l'objet d'une enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). Selon nos informations, ce n'est pas la nature même de l'incident mais sa similititude avec le scénario de l'AF 447 qui aurait conduit les enquêteurs à s'y intéresser. «Il est certain que cet incident prend un relief particulier avec l'accident du Rio - Paris, explique un proche de l'enquête. Il va permettre de comprendre s'il y a un problème sur l'Airbus ou s'il y a bien un problème de formation des équipages au pilotage manuel à haute altitude.» L'enquête va en effet s'attacher à comprendre pourquoi le pilote automatique s'est déconnecté (s'il s'est déconnecté seul ou à la demande de l'équipage) et pourquoi l'appareil a pris autant d'altitude. Il y a peut-être là matière à analyse pour l'AF 447 dont le pilote en fonction avait laissé prendre de l'atitude de manière brutale et inconsidérée à l'appareil. Pour les pilotes d'Air France interrogés par Le Figaro, c'est tout vu. «Le fait qu'un avion se mette à monter tout seul est un vrai problème pour Airbus», explique l'un d'eux. «Un avion qui prend 3000 pieds tout seul, on n'a jamais vu ça, explique un expert en sécurité aérienne proche d'Airbus. C'est un incident complexe: on va encore beaucoup spéculer sur le constructeur, comme sur l'AF 447, mais au final, il n'y aura pas beaucoup de machine et beaucoup d'humain dans les causes de l'incident.»
"Copier coller à partir du site: lefigaro.fr"
Avion qui décide de monter tout seul
L'incident qui relance le débat sur le vol AF 447 Rio - Paris
Sur cette idée, tentons différents scénarios pour l'AF447 :
1) il y a une puissante rafale de vent descendant, laquelle fait descendre l'avion. Les calculateurs étant en facteur de charge, ils commandent pour monter afin de rester à altitude constante. Cependant, dès que la rafale est passée, ils commandent pour arrêter de monter. Rséultat : l'avion reste à peu près, à altitude constante.
2) il y a une puissante rafale de vent de face, suffisante pour déclencher la survitesse. Les calculateurs commandent pour faire monter l'avion (afin de lui faire perdre de la vitesse). L'avion monte, et sa viitesse commence à diminuer. Cependant, dès que la rafale de vent de face est passée, la survitesse disparaît immédiatement, et les calculateurs devraient logiquement commander pour arrêter de monter. Si la rafale de vent de face est de courte durée, la perte de vitesse devrait rester faible. Par contre si la rafale dure pendant plus d'une dizaine de secondes, lors de la fin de la rafale, la viteese de l'avion peut avoir chuté assez nettement.
Dans le cas de l'AF447, la montée a durée environ 20 secondes, avant que le pilote ne donne un ordre assez long à piquer. Est-il possible d'avoir une rafale puissante de vent de face pendant un temps aussi long (20 secondes) ?
Si oui, cela pourrait expliquer la montée initiale entre 02:10:05 et 02:10:27.
A 02:10:27, le pilote s'étant aperçu de la montée de l'avion, donne un ordre à piquer jusqu'à 02:10:40, mais pas suffisamment longtemps pour le faire arrêter de monter (en continuant l'ordre à piquer pendant 10 à 15 secondes, cela aurait été suffisant pour stabiliser l'altitude, et cela aurait probablement éviter le décrochage un peu plus tard = 02:10:50).
De plus, sans inforamtion vitesse (dû au givrage des Pitots), il était difficile au pilote d'anticiper le décrochage.
Après, à 02:10:50, il y a eu l'alarme de décrochage imminent. L'erreur du pilote a été, semble-t-il, de suivre la procédure basse altitude (10°), au lieu de la procédure haute altitude (5°). Ceci a été un facteur décisif.
Cependant, il n'est pas sûr qu'en appliquant la procédure haute altitude (5°), cela aurait suffisant pour éviter le décrochage, car l'avion avait déjà perdu beaucoup de vitesse, mais il y a quand même un bon espoir.
Par contre, en appliquant de telles assiettes (jusqu'à 17,9°), l'échec était assuré.
On comprends donc, que le PF n'était pas du tout habitué / formé à voler en haute altitude, de plus sans info vitesse.
Un bon entraînement du PF à ce cas de vol aurait pu très certainement éviter cet accident.
Car même si c'est difficile sans info vitesse, l'observation de l'assiette, voire mieux de l'incidence, aurait du permettre de pallier au manque de l'info vitesse.
Ce n'est pas pour rien, si le BEA recommande d'ajouter l'affichage direct de l'incidence pour les pilotes.
Qui a fait ce torchon ?
Regardez qui a écrit cet article du Figaro et vous comprendrez ! Am..........o
Pourquoi ce nom ....
Bonsoir a tous,
Pourquoi ce nom me dis vaguement quelque chose ? Il me semble que j'ai deja vu ce son quelque part ..
Obiwan, info deformée d'apres vous ??
Bonne soirée
Eric
Déformée ou inexacte ?
Il suffit d'aller sur certains blogs (HMC, crash-aerien,...) Pour savoir que Amedeo est à l'aviation ce que Bernadette Soubirou est à la recherche nucléaire !!!!!!!!!!
On ne nous dit pas tout !
Oui effectivement Eric c'est ce que j'étais en train de lire sur le site du Figaro avant de me connecter ici.
On peut dire d'après ce que j'ai lu que les turbulences à haute altitude sont indigestes pour le système de gestion de vol sur Airbus.
Ce qui est sûr, c'est que cette fois-ci les pilotes ont eu plus de veine et heureusement il n'y a pas eu pas de crash.
Maintenant, pour savoir la vérité, on peut toujours attendre.
Pour ma part, il faudrait que les Brésiliens mettent un peu plus leur nez dans l'histoire de l'AF447 si l'on veut vraiment en connaître les tenants et les aboutissants.
A+
Avec un A340 ?
Bonjour a tous,
Comment se fait-il que les medias n'ont pas parlé de cet incident ? Qui ressemble beaucoup a l'accident de l'AF447 ?
Effectivement, a la lecture de ce sujet (presenté comme il est), il y a beaucoup de similitude entre les 2 avions, sauf que c'est un A340 qui est en cause.
Ma premiere reaction est l'annonce aux PNC : il semble que cette annonce a été faite a la derniere minute, donc, l'equipage n'a, semble t'il, pas detecté la perturbation bien avant.
Ensuite, la vitesse de decrochage; Les journalistes indique que l'avion s'est trouvé a 3 noeuds de la vitesse de decrochage, en indiquant que l'A330 a decroché a 202 noeuds. Ces avions sont physiquement differents, est-il possible que les vitesses de decrochages sont identiques? Si je ne me trompe pas, dans l'equation, il y a le poids de l'appareil, le centrage des masses, et certainement d'autres parametres.
Pour terminer, il semble que lors du desengagement du PA, l'avion est monté de maniere rapide .
Bonne journée
Eric
Protection survitesse...
Je pense que cet évènement est intéressant à étudier notamment pour les systèmes de protection interne de l’appareil.
En revanche, il n’est pas, vraiment comparable à celui du AF 447, puisqu’il n’y a de givrage des sondes de Pitot ni non plus d’alarme Overspeed !
L’annonce aux passager semble cohérente face à un problème subit toujours possible en vol.
La protection de survitesse s’est activée, vraissemblablement sur un fort gradient de vent horizontale opposé, elle imprime un ordre à cabrer, elle inhibe les actions à piquer mais la protection d’incidence étant toujours active, elle rattrape le tout dès que l'incidence devient trop forte.
Il est sûr, qu’il n’est pas forcément idéal pour le pilote, lorsque le PA est déconnecté, de se voir imposer une telle montée sans pour autant pouvoir la contrer par des ordres à piquer.
Cela dit, pousser sur le manche n’est pas non plus la solution idéale avec une alarme suvitesse enclenchée.
Si c'est un gradient de vent puissant, sortir des AF semble plus adapté, quoique, il faut aussi y faire attention à ces niveaux de vol.
Finalement, la solution la plus ‘’safe’’ semble de laisser faire l’appareil et, donc, son automatisme, dans la mesure ou il est pleinement opérationnel et surtout, pas perturbé par autre chose !
Airways
Eclaircissment , la largeur d'un airways est de min 10 Nm ( 5Nm de part et d'autre de la route ) le vol af447 suivait donc bien son plan de vol (sa route).
Routes Transatlantiques...
En cherchant à routes aériennes transatlantique:
m-à-j du 16-janvier 2011
Les vols transocéaniques respectent des régles précises, dans chaque Océan, Atlantique, South Atlantic, Pacifique et South Pacific.
La procédure de "Position report " est sensiblement la même dans tous les Espaces Aériens Océaniques (OCA) ,ou il n'y a pas de radar.
Les niveaux utilisables : du FL290 au FL410 inclus
Sur l'océan, les appareils sont séparés sur des routes parallèles par 1 degré de latitude ( 60NM ) et 1000 pieds en séparation verticale .
Au desssus de FL 410 , 2 000 pieds de séparation verticale..
Les vols supersoniques ,4 000 pieds de séparation verticale de tout autre vols.
Les avions sur la même voie se suivent à 10 minutes
Toutes les FIRs océaniques : Transpondeur sur le code 2000 dés l'entrée dans l'OCA.
La VHF ne passe pas sur les longues distances ,il faut donc utiliser la HF.
(sur VATSIM , on simule la HF avec des fréquences VHF , dédiées aux OCA )
Carte routière
Bonjour,
J'ai trouvé des cartes d'Afrique sur le site de ASECNA.
En particulier celle du pot au noir ( voir "Afrique de l'ouest - espace supérieur.pdf" sur http://www.ais-asecna.org/fr/enr/enr6.htm )
Où pourrais-je trouver les cartes d'Europe ? d'Asie ?
Ainsi que les coordonnées GPS des points de passage ?
Merci
Réponse et éléments complémentaires pour "ebac06"
L’AF 447 n’a dévié que de 3 Nm, parce que la panne des sondes s’est produite à ce moment là.
(S’il n’y avait pas eu de panne, l’avion se serait certainement déporté de plus de 10 Nm)
Concernant des réponses à d’autres questions que vous pourrez vous poser, je vous propose de consulter ce site qui parle de plusieurs éléments concernant cet accident.
http://www.spaf.aero/index.php?option=com_content&view=article&id=141:liens-vers-le-dossier-af-447&catid=2:actualites&Itemid=18
Bonne lecture.
Merci Richard..
Pour ces complements d'information, qui sont majoritairement en Francais .
Eric
Une remarque concernant les
Une remarque concernant les écarts de route: lors d'un passage du pot au noir, mon vol s'est écarté de plus de 200km de sa route donc bien plus que des vols cités ici.
Ecart .
Bonsoir,
Vous signalez que votre vol s'est ecarté de 200 km ( ~110 Nm ), je pense que c'est pour une bonne raison. Mais comment est signalé cet ecart de route, si aucune radio n'est operationnelle avec les controles sol ? A moins qu'il existe un report de position entre les avions dans le secteur par radio ( si les avions sont sur la meme frequence ), afin de communiquer cet ecart aux appareils voisins.
Bonne soirée
Eric
Un écart équivalent à celui entre 2 routes
Bonjour,
Je ne sais pas comment un vol signale son écart aux vols voisins ?
En tout cas mon vol s'est écarté d'une distance voisine de celle séparant 2 routes! Le pilote n'a sans doute pas voulu passer trop près d'un CB.
Etant assis du côté de l'écart, je n'ai vu qu'un ciel clair.
Frequence de veille
Bonjour,
Ayant moi meme posé la question, j'ai fini par trouver la reponse sur le Net.
Il semble que quand les avions sont hors couverture radio avec le sol, ils utilisent une frequence de veille commune. Tout changement dans le vol ( altitude, cap ) sont transmis sur cette frequence, a l'attention des autres vols dans le meme "secteur" . C'est ce que j'ai compris sur la doc trouvée sur le net.
Je pense que si Obiwan passe par la, il confirmera ..
Bon week end
Eric
Je confirme
Je ne connais rien à l'aviation mais je confirme qu'en cas de non couverture radio terrestre les pilotes ont la possibilité
de changer de plans de vol et d'en informer leurs voisins !!!!
Réponse pour ebac06
En essayant de répondre à la question.
Rapport d’étape n° 3 (page 52 à 54)
http://www.bea.aero/docspa/2009/f-cp090601e3/pdf/f-cp090601e3.pdf
Le radar météorologique est conçu pour détecter les précipitations : il aide à repérer celles associées aux cellules convectives les plus actives afin d’éviter les dangers associés (turbulence, grêle et foudre).
Le radar météorologique détecte l’eau sous forme liquide, donc la pluie et la grêle humide.
En revanche, il détecte très peu l’eau sous forme solide comme la neige sèche et les cristaux de glace. Il détecte en partie la grêle sèche en fonction de la dimension des grêlons.
Comme Lufthansa, l’AF 447 a lui aussi dévié à l'Ouest de sa route prévue pour éviter ces cellules.
L’AF 447 était programmé pour envoyer automatiquement sa position par l’ACARS toutes les 10 minutes (rapport 1, page 25).
En page 69 est présenté le cas du vol Lufthansa 507, qui a précédé le vol AF 447 d’une vingtaine de minutes au même niveau de vol et sur la même route. Ce vol Lufthansa a dévié sa trajectoire d’une dizaine de milles marins par l’ouest afin d’éviter une zone présentant des échos radars dans la région d’ORARO.
On peut pourrait donc sous entendre que le vol Lufthansa, un Boeing 747, savait se servir de son radar, lui..., et qu’il a donc survécu.
Et il a survécu en déviant de seulement 10 Nm à l’ouest dans la région d’ORARO.
Alors qu’a donc fait le vol AF447, environ vingt minutes plus tard dans cette même région d’ORARO, c’est-à-dire entre 2h00 et 2h10 UTC ?
D’après le BEA le vol s’est déroulé sur la route prévue au plan de vol !
Cela est faux et peut mettre le doute en laissant croire que l'AF 447 a suivi le plus court chemin (rappelons les intérrets économique et financier dans cette affaire, et aussi qu'il faut essayer de lire entre les lignes des rapports du BEA).
Or, le report de la position du vol AF 447 à 2h10, place l’avion à environ 3 Nm à l’ouest de la route (normal à 2h 08 min, le pilote modifie le cap de 12° à gauche pour éviter une masse orageuse compacte).
En d’autres termes, à 2h10 le vol AF 447 n’est pas sur la route prévue au plan de vol, mais près de 3 Nm (pratiquement 6 Km)à l’ouest de celle-ci.
Il est donc en phase d’évitement (comme Lufthansa 507 l’a fait avant lui), et démontre bien que l’équipage n’était pas incompétent au point de ne pas avoir su se servir de son radar.
De plus, l’équipage AF 447 était bien conscient de la situation météorologique, puisqu'il avait pris soin de suivre attentivement pendant le vol l’évolution météo du parcours en demandant les informations à de nombreux aéroports de déroutement éventuel (San Salvador et Sal, Amilcar) et du deuxième aérodrome d’appui ETOPS.
UN 873
Route directe UN 873, la plus économique...
Dernier point de presse du BEA en date du 29 juillet 2011
Circonspection de mise vu le nombres d'élements encore impossible à affirmer, notament au sujet des vitesses réelles, fluctantes, caclulées ou non ?
dernier point de presse du BEA
Merci .
Bonjour
Merci Richard pour ces explications. J'ai relu le rapport, et surtout le passage 52 a 54 .
C'est le point que je n'arrivais pas a comprendre, c'est que le vol 507 a derouté de 10 Nm de sa route, hors que le vol 447 ne s'est derouté que du tiers.
Je ne mets nullement en doute les competences de l'equipage concernant la lecture radar. Si le vol 447 n'a fait qu'un ecart de 3 Nm, c'est qu'une raison devait etre evidente. Ou alors, entre les 2 vols, un changement de configuration de la cellule orageuse a eu lieu.
Je pense ce c'est deja difficile de comprendre la situation par des personnes dans le metier de pilote, alors, pour les non-aero (comme moi), c'est le flou total.
J'ai essayé de comprendre les routes aeriennes, entre les 2 vols, mais je ne sais pas interprete les cartes. J'ai deja du mal a comprendre comment un avion se repere sur les points d'etape d'une route. Et pour corser le tout, je suis une quiche en Anglais...
Encore merci Richard, je vais retourner dans le rapport pour essayer d'en apprendre un peu plus par le croisement de données..
Eric
Le carburant était largement suffisant
Tous les vols d’Air France sont préparés à Paris et les données sont ensuite envoyées dans les escales pour être présentées à l’équipage peu de temps avant le départ. Pour cela, le service de la préparation des vols doit, bien sûr, tenir compte de la météo et éviter les zones les plus dangereuses (les zones les plus actives).
Trois type de plan de vol ont été réalisés, dont un avec ETF.
Plan de vol 1 (ETF): calculé avec une charge prévisionnelle de 38T6 à M 0.82 (carbu calculé 68,910T)
Plan de vol 2: calculé avec une charge prévisionnelle de 37T3 à M 0.82 (carbu calculé 70T)
Plan de vol 3: calculé avec une charge prévisionnelle de 37T8 à M 0.81 (carbu calculé 68,980T)
L'ETF (Escale Technique Facultative) :
Il s'agit d'une procédure qui permet de ne pas embarquer la totalité de la Réserve de Route, sous réserve de remplir certaines conditions, dont une est essentielle.
On retient un aérodrome de Dégagement (C'est l'ETF), assez proche de la destination (par exemple 2 heures avant). Puis on définit un Point de Décision en amont qui permet de prendre ses dispositions pour préparer le déroutement et l'arrivée sur cette ETF au cas où....
A ce point de décision, la Réserve de Route doit être égale à 3% de la quantité de carburant du délestage pour l’étape fictive restante.
Si tel est le cas, l'avion peut continuer vers la destination prévue.
Si la quantité de carburant est inférieure, l'avion doit se dérouter vers l'ETF pour un avitaillement avant de reprendre son vol vers la destination.
Il ressort de cette procédure ETF que l'avion peut au départ ne pas embarquer la totalité de la Réserve de Route, soit faire l'économie des 3% du délestage du décollage jusqu'au point de décision.
Cela peut générer ainsi une économie allant selon les avions de quelques centaines de kg à 2 ou 3 tonnes pour les long-courriers gros porteurs.
Lorsque les conditions du jour sont telles que l'avion est aux limites de charge, la procédure ETF permet donc de gagner un peu de poids...
La gestion de l'ETF est calculé en permanence par le système ce qui enlève toute charge supplémentaire au pilote.
Or concernant l’AF 447, en réalité la charge au décollage était de seulement 36,4T (masse passagers 17,615 T + masse en soute de 18,732 T), et un masse de carburant demandé de 70,4T (70,9T à la mise en route).
Donc plus de carburant que les estimations des trois plans de vol, avec une charge marchande inférieure de plus d'un tonne.
Le CdB n’a pas corrigé la masse en carburant du fait d’une charge inférieure de plus d’une tonne au décollage, et a demandé plus de carburant que les prévisions des différents plans de vols, soit 70,9 T de carburant.
Cela correspond à une réserve supplémentaire de 940 Kg (réserve supplémentaire que seul lui peut modifier).
De ce fait, ces 940 Kg (en réalité un peu plus, puisque la charge à transporter est réduite de plus d’une tonne) ont permis de couvrir très largement les réserves réglementaires pour assurer un vol sans escale. Ce surplus lui permettait aussi d’effectuer des modifications de cap pour éviter les cellules orageuses.
Economies inutiles.
Belle déduction théorique, qui n’apporte pas grand-chose de mon point de vue puisque c’est dans le rapport d’étape n°3.
Votre dernière phase est très évocatrice puisque justement ils ne les ont pas évitées les cellules orageuses ? c'est la grande question...
Vous m’avez indiqué, il y a peu, que mes post étaient un tantinet longs, je vous renvoie le compliment !
La pression compagnie n’est pas une vue de l’esprit et elle concerne l’ensemble du facteur humain du premier au dernier acteur.
Le post de Richard est précis
Le post de Richard est précis et clair (et il n'est pas longuet).
Au vu de tous les éléments, il semble que l'on peut conclure que le CdB n'a pas traversé les cellules orageuses à cause d'un problème de manque de carburant.
Certes, tout un chacun peut prétendre le contraire, mais sur quels éléments rationnels ?
En d'autres termes, qu'est-ce qui pourrait amener à penser que le non-déroutement serait dû à un manque de carburant ?
Sachant que le raisonnement humain est suffisamment complexe, pour tenter d'expliquer le non-déroutement (si tant est qu'on arrive à l'expliquer), comment pourrait-on penser qu'il faille se limiter à prendre en compte un seul paamètre (= manque de carburant), alors qu'une infinité d'autres paramètres sont possibles ?
Tout est parfait...
Pour la dernière fois, je vais rectifier, il n’est nulle question de manque de carburant puisque l’escale facultative permet d’être conventionnel en matière de réserve.
Je l’ai déjà dit et même redit çà me paraît aussi clair !
On connaît par une simple soustraction la différence qui sépare les deux plans de vol, c’est bon, il est inutile de retranscrire trois fois les mêmes informations qui sont d’ailleurs le RE n°3.
C’est encore une fois le plan de vol ETF qui peut, je dis bien peut, générer une pression supplémentaire, moins lorsque le temps prévu est le bon, plus lorsque ce n’est pas le cas, puisque ce sont les OPS à Paris qui le fabrique pour l’équipage.
Vous savez ce qui a été transmis à l’équipage comme éléments météo actualisés ?
Tout ce qui peut être fait pour économiser le carburant à 5 ou 6 heures de l’atterrissage peut être fait, on l’entend d’ailleurs au sujet des dégrivage des entrées d’air moteur, mais ce ne peut être aussi qu’une expression comme tout pilote peut en faire, même si elle n’est pas justifiée…
Tout est possible, nous n’avons pas tous les éléments, en fait, il faudrait l’ensemble du VCR au minimum pour en avoir une idée du schéma mentale de tel ou tel moment, et non, des morceaux choisit.
Je n’ai jamais dit que l’équipage a coupé plus court à cause du pétrole, mais ce n’est pas exclu non plus, compte tenu de l’interprétation qui a été faite du phénomène météo devant !
Il me semble avoir été aussi précis dans le fond du problème de la pression équipage, pression commerciale, tout ramener sans cesse à « il y a assez de carburant, est assez pénible...
Si vous trouvez que cette manière de faire est judicieuse sur ces lignes aériennes, soit, mais épargnez-moi, s’il vous plaît, les pages du livre pour m’expliquer que tout est parfait.
Merci,
Ma question est bete mais ...
Bonsoir a tous,
Ma question est bete mais je la pose quand meme.
Dans le sujet "contournement de la pertubation", l'avion ne l'a pas fait . Je pense que beaucoup de personnes se posent la question, pourquoi ??.
Mais, est-il possible que l'equipage n'a pas detecté l'importance de la cellule orageuse, peut etre a cause d'un reglage du radar meteo, et n'a pas fait le contournement necessaire ?? En pensant que cette fameuse cellule n'etait pas virulente..
Je n'ai aucune idée de la lecture de l'image radar meteo sur un avion, je pense savoir seulement que plusieurs reglages de sensibilites sont disponible, de maniere a avoir une image plus ou moins selective ..
Bonne soirée
Eric
Plan de vol et masse et carburant
Plan de vol
Le vol avait pour destination Paris Charles de Gaulle, avec comme aéroport de dégagement Paris Orly (la météo prévue à l’heure de l’atterrissage était bonne pour la région parisienne. Donc un déroutement sur Orly était logique. Si ce n’était pas le cas un autre terrain de dégagement aurait été choisi).
Toutefois, compte tenu de la charge prévisionnelle de 37,8 t, le dossier comportait 3 plans de vol :
Un plan de vol principal au Mach standard de M 0,82 avec une ETF à Bordeaux Mérignac avec dégagement à Toulouse Blagnac (Le dégagement à l’arrivée sur Bordeaux est aussi logique en fonction des prévisions météo)
Ainsi que deux plans de vol complémentaires directs, l’un à Mach 0,82 et l’autre à « Mach ralenti », soit M 0,81.
Un tableau récapitulatif des charges offertes permettait à l’équipage d’effectuer le choix du plan de vol définitif parmi ces trois options.
(Page 59 du rapport n°1)
Si à l’approche des Pyrénées, les estimations de carburant sont suffisantes et réglementaires pour continuer sur Charles de gaulle, l’équipage demande modification de son plan de vol (bien évidemment le point de décision pour poursuivre le sera bien avant bordeaux)
Attention on parle de point de décision, mais pas au sens strict du terme. En effet l’équipage aurait déjà une bonne idée de la gestion du carburant pour poursuivre ou non directement sur Charles de Gaulle, bien avant de survoler l’Espagne.
Par contre pour traverser l’Atlantique, là il existe un vrai point de décision correspondant au point équitemps. En cas de panne grave, avant ce point on revient vers le terrain retenu, côté Brésil. Passé ce point on poursuit vers le terrain retenu, côté cote Africaine
Masse et carburant
Au fur et à mesure du délestage (sur un long courrier), l'avion peut successivement "accrocher" des niveaux de vol plus élevés, où la pression atmosphérique est plus basse (ordre de grandeur 0.2 atmosphère au niveau 400 ( 40 000 pieds).
Dans cette gamme d'altitude la température est sensiblement constante donc, à Mach constant, la vitesse sol ne change pas, mais par contre, la consommation kilométrique diminue.
Donc, la consommation horaire des moteurs diminue.
A titre d’exemple, pour un vol transatlantique d’un 747, pour un vol 12 heures avec une masse au décollage de 377 tonnes
Les premières heures en croisière, la consommation est d’environ 14 tonnes par heure au niveau de 280 ou 290, car trop lourd pour aller plus haut ;
Ensuite en cours de croisière, la consommation est réduite à environ 10 tonnes par heure au niveau 360 ou 370
Donc la masse joue sur la consommation, car l’avion ne peut atteindre un niveau de vol confortable pour sa consommation.
Il est donc évident qu’il est nécessaire de prendre uniquement le carburant nécessaire (délestage de route et réserves réglementaires).
Par contre, prendre du carburant supplémentaire peut pénaliser financièrement.
Exemple pour visualiser :
Prendre 4 tonnes de carburant supplémentaire non nécessaire (si évidemment la masse maxi au décollage le permet) pénaliserait fortement l’avion, par une consommation supplémentaire pour transporter ces 4 tonnes inutiles, qui pourrait éventuellement être égale à ces 4 tonnes.
Dans ce cas on consomme pour une charge inutile.
Par contre, ces effets de "délestage" sont moins notables sur un court courrier, pour un vol typique d'une heure, on a en général 20 minutes de montée, 20 minutes de croisière et 20 minutes de descente et approche/atterrissage.
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Carburant et masse au décollage pour ne plus en parler après
Je constate que les règles de calcul de carburant, ainsi que la masse au décollage, bien que hors sujet concernant cet accident, est mis en avant par certains.
Afin d'éclairer les personnes non spécialistes dans le domaine et ne pas les induire en erreur, une petite explication s'impose.
1 – Airbus A 330-200
La masse maxi au décollage d'un de 233 T
La masse maxi à l'atterrissage est de 180 T
La masse maxi de carburant est de 139.2 T
2 – Plan de vol
Trois possibilités de plan de vol en fonction de la vitesse et d'un point de décision pour le dernier ont été proposées.
Les trois propositions de plans respectées la réglementation.
3 – La destination du vol était Charles de Gaulle, avec un dégagement sur Orly en cas de mauvaise météo, ou problèmes techniques (la météo du terrain d'arrivée est connue avant le départ, et si la météo sur la région parisienne était vraiment dégradée, le terrain de dégagement aurait été autre qu'Orly).
Rappelons que CdG dispose de quatre pistes, et que le dégagement à ORY l'était uniquement pour respecter la réglementation.
Par contre, si en cours de route il est nécessaire de se dérouter, cela n'aurait posé aucun problème à l'équipage une fois atteint la côte africaine (de nombreux aérodromes sont disponibles en cours de route: Sénégal, Maroc, Espagne et ceux du sud-ouest de la France)
4 – La masse au décollage était de 232 757 Kg, soit inférieure à la limité maximale. Donc dans les normes et réglementaire (l'avion est certifié pour 233 T, alors pour quelles raisons ne pas l'utiliser à cette masse ?).
5 – la phase de décollage (Les paramètres qui touchent aux performances au décollage)
A - Densité de l’air
- Température: la puissance diminue avec l’augmentation de la température
- Altitude-pression: la puissance diminue avec l’augmentation de
l’altitude-pression,
B – Au niveau Avion
- Masse: influe sur la vitesse de décollage, le temps, la longueur de
la piste.
Donc la distance de décollage augmentent avec la masse de
l’avion
- Volets: Le braquage des volets diminue la distance de décollage mais
pénalise au niveau du franchissement des obstacles
(pente de montée plus faible),
C – La piste
- La pente: La pente de la piste a une influence sur l’accélération
au décollage,donc sur la distance de décollage
- L'état de surface de la piste: L’état de la piste influe sur
l’accélération, donc sur la distance de décollage,
D – Le vent
- De face: Le vent de face diminue la distance de décollage,
de l’ordre de 20 % pour 5 kt de vent effectif
- Arrière: Le vent arrière augmente la distance de décollage
- De travers: La limitation vent de travers est fixée pour chaque avion
6 - Vitesses associées au décollage (les plus importantes et celles qui sont annoncées à haute voie)
A – V 1 (Vitesse de décision de décollage)
C'est la vitesse-air conventionnelle retenue comme moyen de décision en cas de panne de toute nature au cours de la manœuvre de décollage à savoir (panne moteur, système, défaut de poussée...)
Par conséquent V1 est la vitesse limite à laquelle, en cas de panne, le pilote devra initier une action de freinage pour interrompre le décollage c'est-à-dire être prêt à actionner le premier moyen de ralentissement.
Si le pilote, en cas de panne, doit entreprendre la manœuvre d'arrêt à V1, c'est que la panne se sera produite avant. En effet, un certain temps est nécessaire pour reconnaître la panne, décider et à agir. Ce temps est en général estimé aux environs de 1s
B - VR (Vitesse de rotation ou de cabrage)
C’est la vitesse à laquelle le pilote, par action sur le manche, cabre la machine et l'amène à l'assiette désirée pour le décollage.
C - V2 (Vitesse de sécurité au décollage):
C’est la vitesse à laquelle le décollage est assuré. Cette vitesse doit être atteinte au plus tard à 35 ft.
7 - Distance d’accélération-arrêt (DAA)
C'est la somme des distances suivantes:
• Distance nécessaire pour accélérer l'avion du lâcher des freins jusqu'à
la vitesse V1,
• Distance parcourue entre le moment où la défaillance du moteur critique
est reconnue et le début des manœuvres de freinage,
• Distance nécessaire pour immobiliser l'avion uniquement à l'aide des
freins et des moyens de freinage automatique
La distance nécessaire d’accélération- arrêt doit être inférieure ou, au plus, égale à la longueur de piste disponible majorée s’il y a lieu d’un prolongement d’arrêt.
En conclusion on constate, que la gestion du carburant, ainsi que la masse au décollage étaient dans les normes réglementaires.
A priori, à ma connaissance, on n'a pas entendu parler d'un décollage accrobatique de l'AF 447 à Rio de Janeiro.
Donc, la masse au décollage, la météo et la longueur de piste étaient en adéquation pour un réaliser un décollage respectant la réglementation.
Insistance...
Monsieur Richard,
il n’est pas utile d’insister plus que lourdement !
Pour la dernière fois, ce n’est pas le sujet de fond que j’ai abordé concernant le carburant, il faut relire mes post à ce sujet.
Il est inutile de répéter que le l'emport de carburant était conforme, on le sait c'est dans le rapport.
En revanche, il est assez étonnant d’évoquer un déroutement sur Orly pour une destination CDG, là, du coup, çà peut faire sourire car les conditions météo y sont généralement les mêmes !
S’il n’y a pas les minima à CDG ils ne doivent pas être bien meilleurs à Orly, cela me paraît assez douteux et 4 pistes ne change rien à l'affaire dans ce cas ?
Je ne pense pas du tout que l’escale technique prévue était Orly !
On voit Bordeaux inscrit sur le plan de vol...
Déroutement sur Orly
Bonjour Colibri,
Je pense que le déroutement sur Orly, ce serait en cas d'un pépin sur l'aéroport CDG qui ferait qu'aucun avion n'aurait le droit d'y attérir (mais pas pour une question de carburant, car ces deux aéroports sont très proches).
Concernant le carburant, nous savons que l'AF447 n'en manquait pas.
Donc, nous pouvons conclure que ce n'est pas le manque de carburant qui a été la raison du non-déroutement pour éviter les cellules orageuses (l'AF459 s'est dérouté).
Plan de vol...
De mon point de vue, il n'en manquait pas en plan de vol ETF, mais pas en déroutement classique ?
D'ailleurs, ce n’est pas le manque de carburant qui est l’objet de ma question, pour la énième fois, mais le principe de l’ETF (escale technique facultative). quelque soit le mode de calcule du plan de vol, il ne peut évidement pas y avoir de problème de carburant à l’arrivée puisqu’un déroutement est prévu sur la route.
Cette procédure permet de ne pas embarquer la totalité de la Réserve de Route et elle est parfaitement admise et réglementaire.
Il faut, qu'au point de décision la condition soit remplie, sinon il faut se dérouter vers l'ETF ce qui n'est pas génial surtout lorsqu'il fait beau à la destination. Refueler à une heure de vol de la destination prévue, pour les PAX, pour l’équipage etc…
Le but semble une économie, sur les 3% (a priori pour AF) du délestage du décollage jusqu'au point de décision, ceci pouvant atteindre trois tonnes, a priori pour les long-courriers.
C'est aussi quelque part, un pari, car il faut que les paramètres du vol soient les bons, le niveau celui prévu, la météo celle également prévue, il faut suivre le plan de vol au plus près pour avoir, au Point de Décision, la quantité de carburant réglementaire.
Tout événement pénalisant pendant la croisière, niveau de vol, vitesse, altération de route, peut compromettre le plan de vol et imposer un déroutement.
Il doit donc y avoir une pression additionnelle, sur un long-courrier transatlantique, nuit, météo, fatigue, car il faut éviter de se dérouter pour 200 à 300 kg de pétrole manquant alors que l’on n’est pas si loin de la maison surtout en plus s'il y fait beau (le nombre de piste n'a rien a voir).
Le rapport d’étape détail le carburant mais pas le régime du plan de vol ? il serait tout aussi simple de le dire.
C’est un sujet, comme la fatigue et les autres, qui sera pris en compte par le groupe de travail facteurs humains composés à l’occasion par le BEA pour cet accident, enfin je le pense.
Ces vols sont longs et inévitablement confrontés à la zone du Pot au Noir, quelle économie doit ton y concéder eut égard à la charge supplémentaire supportée par l’équipage si les conditions ne sont pas tout à fait celles qui étaient prévues ?
le plan de vol du AF 447 était-il en ETF ?